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La nouvelle approche d'Ian  
« Nous aidons à répondre à la demande pour des aliments locaux. Nous vendons directement au consommateur près de 90 pour cent de ce que nous cultivons. Grâce à la commercialisation directe, les agriculteurs peuvent obtenir davantage pour leur produit sans passer par la filière habituelle des produits agricoles. »
  
~ Ian Stutt, producteur maraîcher biologique, Battersea, Ontario

De nouveaux agriculteurs s’écartent du modèle traditionnel de commercialisation

De nombreux agriculteurs ont découvert une valeur à l’adoption d’une nouvelle approche de commercialisation. S’éloigner des techniques véritables qui ont fait leur preuve est certes un défi, mais l’exploration de nouvelles façons de commercialiser votre produit peut être satisfaisante.

« Nous avons besoin de modèles pour remplacer certaines de nos principales façons de faire », indique Ian Stutt de Patchwork Gardens à Battersea, en Ontario.

Ian Stutt, en compagnie de sa conjointe Megan Joslin et de son associé d’affaires Eric Williams, sont de nouveaux agriculteurs qui s’écartent des modèles traditionnels de commercialisation pour aller directement vers les gens qui consomment leur nourriture. Les affaires sont en plein essor dans cette entreprise de légumes biologiques qui considère ses clients comme des consommateurs directs. Loin du champ, le trio s’affaire à créer un engouement pour les aliments locaux à Kingston, ce qui catalyse la demande pour leur produit.

Le développement d’un système alimentaire local

Patchwork Gardens est l’une des huit fermes dont l’agriculture est soutenue par les communautés (ASC) dans la région. Les agriculteurs reçoivent un tarif fixe de la part des membres (consommateurs) avant le début de la saison de culture. En retour, les membres reçoivent des parts des bénéfices de la ferme sous forme de produits et assument également les risques provenant de la température et des autres facteurs hors du contrôle de l’agriculteur.

Selon la section 316 du Syndicat national des cultivateurs (SNC), les habitants de Kingston ont adopté l’idée de produits alimentaires soutenus localement et d’une commercialisation directe – toutes les exploitations agricoles ASC ont de longues listes d’attente. La majorité d’entre elles sont aussi dirigées par de jeunes agriculteurs qui viennent tout juste de commencer et dont les débuts ont été facilités par ce modèle de commercialisation innovateur et par le faible investissement en capital requis.

« Nous sommes une entreprise de petite taille à haute intensité de main-d'oeuvre », déclare M. Stutt qui cultive plus de 20 sortes de légumes sur sa ferme de cinq acres. « C’est de l’agriculture à faible coût en un sens. »

Les aliments locaux gagnent en popularité partout, mais sont plus particulièrement prisés à Kingston grâce à un projet du SNC : « Food Down the Road: Toward a Sustainable Local Food System for Kingston and Countryside (FDTR) ». L’objectif est de faire participer les agriculteurs et une vaste gamme d’intervenants du système alimentaire dans un effort à long terme afin de développer des marchés qui peuvent soutenir la production, la transformation et la distribution d’aliments cultivés localement dans une zone de 100 km.

Reconnaissant le projet du FDTR comme un moyen d’améliorer la gestion d’entreprise agricole, l’Institut de gestion agricole a fourni un financement pour une série de conférences en quatre temps au printemps 2007 ayant pour but de créer un engouement, suivie par un sommet sur les aliments locaux à l’automne. L’objectif était de rassembler des agriculteurs, transformateurs, distributeurs, groupes de marketing, détaillants, experts, organisations communautaires, gouvernement local et consommateurs afin de leur communiquer des histoires de réussite de produits alimentaires locaux partout en Amérique du Nord.

« J’ai participé à ces activités parce que c’était dans mon intérêt en tant que nouvel agriculteur d’accroître la sensibilisation aux enjeux alimentaires et agricoles, mentionne M. Stutt. En retour, cela augmente la demande pour les aliments que nous cultivons. »

En fait, Patchwork Gardens ne peut pas répondre à la demande. M. Stutt, qui a mis sur pied Patchwork Gardens il y a cinq ans, n’avait pas d’intérêt envers la commercialisation de denrées. « En vendant directement aux consommateurs, nous avons éliminé l’intermédiaire et ainsi, nous pouvons faire davantage de profit en conservant la totalité du fruit de nos ventes », ajoute-t-il.

Comment votre ferme peut-elle bénéficier de nouveaux marchés?

L’ASC représente environ le cinquième du chiffre d’affaires de Patchwork Gardens – M. Stutt vend aussi au Kingston Farmers Market et en gros à quelques boutiques et restaurants. Il encourage les autres à considérer l’approche locale. « Il y a des façons de travailler avec les initiatives existantes de commercialisation locale. Il existe une très forte demande pour ces produits et les gens paieront un supplément pour des aliments de qualité supérieure cultivés localement. »

Développer une initiative alimentaire locale, ou s’y joindre, peut ne pas être possible ou souhaitable pour tous; par contre, il est intéressant de rechercher de nouveaux marchés et modèles de commercialisation afin d’améliorer la réussite des entreprises agricoles. Alors, il faut travailler avec d’autres pour explorer de nouvelles possibilités et collaborer pour obtenir davantage de revenus pour vos produits.